Le bouclier fiscal, une question de principe selon Sarkozy.

bouclier-fiscal-sarkozyLe bouclier fiscal fait de la résistance. Alors que le déficit abyssal du budget suscite de nombreuses interrogations et que beaucoup sont pour un relèvement des impôts pour les plus fortunés, même au sein de la majorité UMP, Nicolas Sarkozy a tenu a mettre lui-même les points sur les i au cours d’un entretien accordé au Figaro la semaine dernière. Le chef de l’État en a d’ailleurs profité pour répliquer face aux récentes polémiques au centre desquelles il s’est récemment retrouvé (procès Clearstream, candidature finalement avortée de Jean Sarkozy à la présidence de l’Epad…).nnPour en revenir au bouclier fiscal, Nicolas Sarkozy a été on ne peut plus clair : « Je ne toucherai pas au bouclier fiscal, car je crois au principe selon lequel on ne peut pas prendre à quelqu’un plus de la moitié de ce qu’il gagne.» Il avait par ailleurs ajouté que ce principe ne connaîtrait aucune exception, ni la CRDS ni la CSG, deux taxes que le PS, certains députés centristes et même des élus de la majorité souhaiteraient voir échapper à l’intransigeance du président de la République.nnLes députés Jean-Luc Warsmann (pas n’importe qui, c’est le président UMP de la commission des Lois de l’Assemblée nationale) et Marie-Anne Montchamp (UMP également) ont ainsi déposé un amendement proposant de faire de la contribution au remboursement de la dette sociale (la fameuse CRDS) une des exceptions au dispositif. Il est vrai que pour résorber le déficit de la Sécu, le gouvernement a prévu un certain nombre de mesures des plus impopulaires comme l’augmentation du forfait hospitalier qui risque de fragiliser un peu plus les ménages les plus pauvres. Éric Woerth, soucieux de faire taire ces voix discordantes, a lui aussi tenu à rappeler la ligne de conduite idéologique officielle « Nous n’augmenterons pas les impôts, nous ne toucherons pas au bouclier. Nous ne varierons pas, nous ne changerons pas, nous ne bougerons pas ». Difficile de paraître moins ferme…nnUn peu sur le même ton, Xavier Bertrand, secrétaire général de l’UMP avait déclaré sur Europe 1 « Il ne faut certainement pas toucher au bouclier fiscal. Travailler six mois pour l’État et six mois pour soi, ce n’est pas quelque chose d’insensé dans le pays. »nnEntre des ténors qui refusent de bouger d’un iota et des élus plus proches de leurs électeurs et donc plus enclins au changement, une fracture pourrait s’opérer, pour le plus grand plaisir de la gauche. Le bouclier fiscal, « marqueur idéologique » de la droite pour Sarkozy et consorts pourrait générer pas mal de remous dans les semaines à venir.

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Jean Julien

Blogueur spécialisé dans les Finances Personnelles pour Optissima.com, je vous informe sur l'actualité de la Banque et du Crédit. N'hésitez pas à laisser un commentaire pour donner votre avis ou poser vos questions !

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