L’OCDE publie sa liste des principaux paradis fiscaux

paradisBlanchiment d’argent sale au travers de banques peu scrupuleuses, assistance aux citoyens fortunés désireux d’« éviter » les impôts, catalyseurs de la crise financière… il semble que tous les défauts de la Terre puissent être imputés aux paradis fiscaux. Ça tombe bien puisque l’OCDE vient justement de sortir sa liste des pays qui ne respectent pas ou peu les critères internationaux de transparence en matière financière.nnCette dernière comporte trois catégories. La première dite liste « blanche » recense les États qui appliquent les standards internationaux, notamment au travers de la ratification d’au moins une douzaine d’accords. Elle comprend les États-Unis, la majorité des pays européens et, entre autres, le Japon et les Émirats Arabes Unis.nnLa deuxième catégorie, la liste « grise », est celle des États qui se sont engagés à respecter les clauses internationales sans toutefois avoir ratifié le minimum de douze accords multilatéraux. Cette dernière est riche en surprises puisqu’elle contient à la fois des paradis fiscaux bien connus comme les îles Cayman ou Monaco mais aussi des pays européens généralement considérés comme de « bons élèves » en matière de transparence financière comme la Belgique ou l’Autriche. Ces deux pays font partie d’une liste « gris clair » qui comprend aussi le Luxembourg, la Suisse, le Brunei, le Chili, le Guatemala et Singapour.nnLa véritable surprise émane cependant de la liste noire qui ne comprend en tout et pour tout que quatre pays, paradoxalement assez peu connus pour la capacité de leurs banques à attirer les fonds aux origines louches ou les sociétés écran. Il s’agit des Philippines, du Costa Rica, de la Malaisie et de l’Uruguay.nnÀ peine vient-elle d’être publiée que cette liste de l’OCDE suscite déjà une vive polémique, notamment au niveau des pays de la liste grise. Il faut dire que les critères retenus par l’OCDE pour définir un paradis fiscal ; à savoir des impôts insignifiants ou inexistants, l’opacité du régime d’imposition, l’inexistence des échanges de renseignements avec d’autres États et la présence de sociétés écran sur son territoire, s’ils semblent clairs à première vue, sont très facilement contournables. Par exemple, il est très facile si l’on en a les moyens d’échapper à l’impôt en créant une fiducie à Chypre ou Malte, deux pays qui font pourtant partie de la liste blanche.nnDe même, bien que les banques suisses soient connues pour leur respect sacro-saint des règles du secret bancaire (qu’elles se sont d’ailleurs engagées à lever sous certaines conditions), est-il légitime que la Confédération Helvétique soit épinglée au même titre que des pays comme les Bermudes où les îles Vierges, plateformes internationalement reconnues du blanchiment d’argent ? Et que dire de l’absence de la liste grise de territoire comme Hong Kong ou Macao, « oubliés » parce qu’ils font aujourd’hui partie de la Chine ?nEn résumé cette liste, loin d’être l’outil tant attendu d’assainissement de la finance internationale souffre encore de nombreuses lacunes et apparaît plus comme une « liste des bonnes intentions » comme la qualifiait un communiqué de l’ONG Oxfam.

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Jean Julien

Blogueur spécialisé dans les Finances Personnelles pour Optissima.com, je vous informe sur l'actualité de la Banque et du Crédit. N'hésitez pas à laisser un commentaire pour donner votre avis ou poser vos questions !

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