Retraite : la durée de cotisation recule l’âge des départs

Le futur grand débat sur la réforme des retraites est déjà bien lancé. La Drees, acronyme du très long « Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques » vient en effet de publier un rapport sur les impacts de la loi Balladur de 1993. Cette mesure avait tout simplement allongé la durée de cotisation obligatoire (une des pistes explorées actuellement) de deux ans et demi pour pouvoir toucher une pension pleine.nnL’amendement a eu des effets à l’amplitude inattendue. En changeant la durée légale de cotisation de 37,5 à 40 ans et le calcul du montant des pensions sur les 25 meilleures années plus « 160 trimestres de cotisation » (soit un minimum de 15 ans) dans le privé il a obligé les travailleurs à décaler leur départ à la retraite de huit mois par année cotisée additionnelle. Les premières études avaient évalué ce report à seulement six mois. Ainsi, dès le début des années 90, il était déjà prévu de « travailler plus pour gagner plus ».nnLe projet Fillon de 2003, qui propose aux fonctionnaires un bonus de 3 % sur les pensions pour chaque année travaillée après la durée légale de 42 ans n’en est somme toute que le prolongement logique. En augmentant la durée de cotisation minimale d’un trimestre de plus chaque année, le projet Fillon oblige mathématiquement les travailleurs à partir de plus en plus tard à la retraite selon leur année de naissance. Une simulation démontre ainsi que tous ceux nés en 1960 cotiseront 167 trimestres contre 162 pour ceux nés en 1950.nnLa dure réalité c’est que les retraites coûtent bien trop d’argent à l’État. Le financement des pensions est un gouffre qui dans les conditions actuelles est appelé à se creuser encore et encore. L’opération va être douloureuse, mais le gouvernement doit faire son possible pour réfréner au plus vite l’accroissement exponentiel des montants d’argent qui y sont consacrés.nnL’autre piste de réforme, le recul pur et simple de l’âge de départ à la retraite présente l’avantage de permettre d’économiser encore plus vite. On évoque des sommes colossales, de l’ordre de trois milliards d’euros dès 2020. Pour cela, l’âge minimum de départ serait porté 61 ans, même si le salarié a déjà atteint le nombre minimal d’années de cotisationnnLes perspectives sont claires et il s’agit somme toute d’un choix logique, reste à savoir jusqu’où il pourrait dériver. Même avec la garantie d’être libéré vers 61 ou 62 ans, et d’avoir alors engrangé assez d’argent pour vivre décemment, le spectre du travail à vie semble déjà se profiler au loin. Et ce, d’autant plus que cette étude prévoit aussi une hausse croissante du taux de chômage.nnLes Français sont prévenus, « travailler plus » ne sera plus un choix dans le futur proche…

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Jean Julien

Blogueur spécialisé dans les Finances Personnelles pour Optissima.com, je vous informe sur l'actualité de la Banque et du Crédit. N'hésitez pas à laisser un commentaire pour donner votre avis ou poser vos questions !

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