Réformes Sarkozy sur l’immobilier : vers un « pays de propriétaires » ?

sarko_reformeParmi les réformes fiscales prévues pour cet été, le crédit d’impôt sur les intérêt d’emprunt immobilier est parmi les plus attendues. Cette promesse phare du candidat Sarkozy, destinée à encourager les français à devenir propriétaire, consiste à faire bénéficier les intérêts d’emprunt liés à l’achat de la résidence principale d’un crédit d’impôt allant jusqu’à 20% des intérêts payés au titre des cinq premières années de remboursement, dans la limite de 7500 euros pour les couples ou de 3750 euros pour les célibataires, avec une majoration de 500 euros par enfant à charge. Ces mesures gouvernementales seront – elles un vrai coup de pouce pour les acheteurs potentiels ?

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Quelle est la conjoncture immobilière actuelle ?

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Après des années de hausse continue et de transactions records, les prix de l’immobilier montent cette année moins vite. En effet, le prix des logements anciens a enregistré une hausse de 1% sur le dernier trimestre, ce qui ressort à une hausse de 5,5% en base annuelle moyenne contre 7,2% fin 2006 et 10,1% en 2005. Cette inflexion du marché, due notamment à la désolvabilisation de la clientèle, devrait se poursuivre dans les prochains mois car les professionnels de l’immobilier ne craignent pas d’effet inflationniste des mesures Sarkozy.

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Quelles seront les conséquences concrètes des réformes ?

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Pour l’instant, les mesures Sarkozy reçoivent un accueil plutôt mitigé de la plupart des professionnels, qui les considèrent comme des mesures simplement incitatives à l’accession à la propriété, un coup de pouce pour les ménages français encore hésitants. La capacité d’emprunt de ces derniers n’en serait donc pas fondamentalement améliorée. Ainsi, le crédit d’impôt devrait aider certains ménages à se lancer mais aurait un impact assez limité et ne suffirait pas à faire un pays de propriétaires. Propos à nuancer cependant : comme le précise Marc Pietri, PDG de Constructa (promotion immobilière), « on ne peut pas se plaindre d’une mesure qui va permettre de resolvabiliser une certain clientèle ». Selon lui, « il faut produire mieux et moins cher », ce qui pose la question « du foncier et de l’aménagement du territoire ».nD’un autre côté, Certain spécialiste du crédit immobilier redoute que l’impact de la réforme soit en partie absorbé par une hausse des prix (prévision de hausse des prix de l’immobilier d’environ 10 % sur les cinq prochaines années) et que les banques ne prennent pas en compte cette réduction d’impôts dans le calcul du taux d’endettement des ménages (au maximum 33% du revenu disponible). Selon ces derniers, dans un premier temps, grâce à la défiscalisation, ils auront un budget un peu plus important mais cela ne durera pas puisque la mesure ne concerne que les cinq premières années de l’emprunt.nnEn somme, ces mesures n’effaceront pas dans l’immédiat le retard de en matière d’accession à la propriété immobilière –seuls 56,7% des habitants sont propriétaires contre 71% en Grande-Bretagne et 84% en Espagne- mais gageons qu’elles dynamiseront l’immobilier résidentiel. Après tout, sur un total d’environ 11 millions de ménages locataires, il suffirait que 2 % des ménages décident de concrétiser leur souhait d’acheter un bien immobilier pour générer une demande supplémentaire de 220 000 logements.

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Jean Julien

Blogueur spécialisé dans les Finances Personnelles pour Optissima.com, je vous informe sur l'actualité de la Banque et du Crédit. N'hésitez pas à laisser un commentaire pour donner votre avis ou poser vos questions !

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